| mercredi 10 octobre 2007, a 21:49 |
| Devoir de mémoire...L'esclavage |
En 1998, la France célébrait officiellement le 150è anniversaire de l’abolition de l’esclavage... Les premiers pas vers une reconnaissance de ce drame historique.
http://noiresmemoires.rfo.fr/article7.html
La reconnaissance française
Paris, une commémoration rassemblait en 1998, plusieurs milliers de descendants d’esclaves présents pour effectuer leur « devoir de mémoire » et unis pour se recueillir ensemble devant un parterre de bougies.
La même année, la député guyanaise Christiane Taubira-Delanon, soutenue par de nombreux élus des anciennes colonies, place le débat sur la place publique, au cœur de l’Assemblée nationale.
Il faudra près de trois ans à la navette parlementaire pour que la République française reconnaisse que « la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVè siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’Humanité ». Une grande victoire pour la diaspora noire française et, au-delà, pour les diasporas noires du Monde.
Pour autant, le débat n’est pas clos pour un grand nombre de descendants d’esclaves de par le Monde qui estiment que des « réparations » doivent être octroyées.
La notion de « crime contre l’Humanité »
La notion de crime contre l’Humanité apparaît pour la première fois à la fin de la Seconde guerre mondiale, au Tribunal de Nuremberg qui entend juger les horreurs perpétrées par l’Allemagne nazie à l’encontre des Juifs. La définition s’applique à « l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions (...) ont été commis à la suite de tout crime entrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime ».
Aujourd’hui, des universitaires refusent d’évoquer le mot de « génocide » au sujet de la traite et de l’esclavage : à leurs yeux, le but des puissances esclavagistes n’était pas, au départ, de faire disparaître les Noirs de la surface de la Terre, mais simplement de les utiliser comme « instruments » de travail. Cette motivation qui ne peut être comparée à la destruction systématique et organisée d’une communauté, dessein poursuivi par Hitler, paraît suffisante à ces intellectuels pour justifier de rejeter hors du champ de la notion de « génocide » le crime perpétré contre des millions d’Africains.
Malgré toutes les divergences de point de vue dont les uns et les autres se font l’écho depuis les abolitions de l’esclavage, il n’en demeure pas moins qu’il n’est plus possible d’occulter la réalité de ce qui s’est produit durant tous ces siècles. Le continent africain, aujourd’hui encore sous-peuplé, en témoigne à lui seul. Aussi, sous la pression des diverses diasporas africaines du Monde, les 9Jusqu’au terme de cette réunion, les Africains réclameront des « excuses » au nom du préjudice subi. Même si d’anciennes puissances esclavagistes, tels que les Pays-Bas, ont exprimé des « remords pour leur responsabilité dans la traite des esclaves d’Afrique vers les colonies des Caraïbes et du Surinam », la conférence laisse un goût amer aux Africains. Des remords, mais pas des excuses qui, selon les Occidentaux, pourraient ouvrir la voie à des demandes de réparations. « Il y a eu des excuses dans d’autres cas, rappelait une ministre sud-africaine, s’il n’y en a pas ici, nous nous demanderons si notre continent est considéré d’une manière spéciale », déclarait-elle.
En outre, même si le texte final reconnaît « la nécessité d’élaborer des programmes pour le développement social et économique de ces communautés et de la diaspora dans le cadre d’un nouveau partenariat basé sur le principe de la solidarité et du respect mutuel », aucune mention contraignante n’oblige l’Occident à aller au-delà de ces déclarations.
Et maintenant ?
En vidant l’Afrique de ses forces vives et de sa jeunesse, l’esclavage a modifié durablement les équilibres démographiques, socio-économiques et culturels du continent. L’asservissement de l’Afrique, suivi par les décennies de colonisation, ont sans nul doute largement contribué à la pauvreté, au sous-développement, à l’instabilité chronique dans certaines régions ainsi qu’aux disparités économiques. Ecrasé sous le poids de la « Dette », des exigences du 3Plus généralement, dans de nombreuses régions du Monde, l’esclavage des Humains perdure sous d’autres formes également insidieuses. Les femmes, les enfants et également de nombreux individus marginalisés sont encore trop souvent victimes de ce système inhumain, lié à la misère endémique qui frappe les plus fragiles, souvent analphabètes et sans ressources.
Noires Memoires, le 4 mai 2006
Source RFO
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| commentaire(s) | La Boutique LaMined'Or (19/04/2009 04:19)Bonjour
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