| dimanche 04 novembre 2007, a 12:18 |
| Krik. Krak. |
Ye Krik. Ye Krak.
Histoires de vies. De destinées.
Ye Mistikri. Ye Mistikrak.
A la commissure de nos mondes enfouis ou projetés...
Qui suis-je ?
Mes yeux s’ouvrirent dans le pays du couchant, à l’heure où le soleil se lève sur le village des miens et leurs voisins continentaux.
Ils me ressemblent, ou je leur ressemble, comme le dira celle qui assista ma chère mère en ce jour béni.
Enfant de l’amour et de la réconciliation des Cieux, on m’a appelé Zeus, fils de la patience, de la vigne, de la terre.
Un enfant de plus pour la nation, pour la Mère patrie.
Quelle patrie ? Quelle nation ?
Ma mère est d’ici et mon père de là-bas. Fuir le malheur ou chercher le bonheur, chacun y trouve son compte selon que la pensée soit triomphante ou conquérante.
Mon père est un survivant, la course fut longue pour trouver au bout du chemin une terre revêche mais fertile. Ses mains expertes et sages ont su y cultiver le Bonheur. Le blé, le riz et le sorgho poussent-ils sous les mêmes latitudes ? Malgré l’opprobre, l’hommechocolat s’est imposé dans le village. Photographe. Saisir le temps et le rendre intemporel. Révéler l’âme à l’œil et au cœur. Rendre visible l’invisible. Lier ce qui a été dénoué. Le lien social. Ces gens qui ne se regardent plus. Les rendre à eux mêmes, à leur famille.
Krik. Krak. Qui est ton père ? Qui est ta mère ? D’où viens-tu ?
Je viens de loin . Mon image a comme un goût sucré dans les yeux des autres. Ma maman-vanille et mon père-chocolat se sont rencontrés à la faveur de notes de musique, douces, harmoniques, celles qui chantent l’amour et la mélancolie, dans des langues suaves et susurrées, les notes de la guitare qui converse avec les âmes égarées des champs de canne.
Du Sucre Amer, en polyphonies s’il vous plaît.
Des douceurs pour apaiser nos douleurs de l’Histoire, et engendrer l’espoir.
Un goût sucré je vous dis.
Le piment et le sel, on en découvre l’effet subtil plus tard.
Ye krik. Ye krak. Canelle- Caramel. Je suis un être de contrastes vivant dans un monde de paradoxes.
Ah, Ah ! C’est mon côté maître de l’Univers qui s’exprime.
Zeus. Il faut assumer un tel prénom de nos jours. Dieu de l’Ordre, de la Sagesse et de la Justice. Maître du ciel, des orages, de la foudre, et de la pluie. Sans le casque sur mes cheveux grenés, sans le sceptre à la main droite, mais avec la victoire dans la main gauche.
Krik. Krak. Qui suis-je ? Je suis moi. Je suis les autres. Je suis chacun d’eux et toujours moi.
Je suis métis. |
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